La Plume verte
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Textes de La Plume verte

 
 

Le foie gras, une bouffe maladive

foie gras

par MATHIEU SAINDON - décembre 2005

La période du temps des fêtes est commencée. Celle-ci symbolise, sans doute plus que toute autre période, le plaisir et la convivialité autour d’un repas gourmand. Certains d’entre vous mangeront peut-être du foie gras de canard ou d’oie. Ce produit raffiné, symbolisant le luxe, est certes très convenable pour recevoir ces proches. Aussi, ce mets gourmet est-il reconnu pour ses vertus : il serait riche en acides gras insaturés, lesquels permettent d’abaisser le taux de mauvais cholestérol.

Mais les bienfaits – peu nombreux – de cette industrie, perpétuant une vieille tradition remontant à l’ère des pharaons, s’en tiennent à ceux énumérés précédemment, car derrière cette filière, qui a beau vanter les mérites du foie gras, se cache une réalité odieuse, voire révoltante.

De prime abord, il importe de savoir que le foie gras est une maladie du foie douloureuse, qui nécessiterait les traitements d’un vétérinaire. Or, celle-ci est intentionnellement causée dans les fermes de production de foie gras grâce à un gavage et des traitements suscitant indignation et répugnance. Il appert que, chez les élevages de canards et d’oies, ces derniers soient confinés dans des cages, souvent si étroites, qu’il leur est impossible d’y déployer une aile. Entassés dans des abris sombres et insalubres, jamais ces animaux ne pourront le moindrement jouir de l’air frais extérieur ou, même encore, de la lumière du jour.

Imaginez maintenant que l’on vous introduise de force un tube dans la gorge de façon à directement vous injecter la nourriture dans votre estomac jusqu’à ce que vous vous sentiez sur le point d’exploser. Eh bien voilà ce que doivent endurer au quotidien ces bêtes dans le simple et unique but d’assouvir la demande en foie gras. Par ce procédé forcé, les oiseaux reçoivent jusqu’à 1,5 kg de nourriture. À l’échelle humaine, cette quantité équivaudrait approximativement à 20 kg. Ce gavage se prolonge jusqu’au moment où les animaux développent une maladie qui provoque le gonflement du foie, lequel peut alors aisément atteindre dix fois sa taille normale. Les tubes infligent inévitablement d’atroces blessures (contusions et déchirures) le long de la gorge des oiseaux terrifiés. De surcroît, le gonflement du foie entraîne parfois également la rupture d’organes et assujettit les animaux à l’immobilisme ; bouger leur est impossible vu leur poids excessif.

Après avoir enduré sans relâche nombre de traitements inhumains et de tortures pendant environ un mois, les canards et les oies sont souvent suspendus, la tête en bas, puis égorgés.
Les fermes de production du foie gras emploient des méthodes si barbares que le gavage forcé des oiseaux a été interdit dans quelques pays, dont la Suisse, Israël et le Royaume-Uni. En 2004, le gouverneur de la Californie, Arnold Schwarzenegger, a signé un projet de loi interdisant à la fois la production et la vente du foie gras dans l’État. Par ailleurs, la PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) poursuit sa campagne visant à interdire cette pratique insensée avec l’aide de Sir Roger Moore. En effet, le célèbre acteur ayant incarné James Bond s’est fait l’allié de la PETA dans une intervention vidéo où il souligne, entre autres, que le foie gras doit être considéré non comme un plat de fin gourmet, mais comme une maladie.
Bien que la tradition du foie gras existe depuis belle lurette, la société évolue et doit reconsidérer certains traitements réservés aux animaux. Bref, en ce temps où de nouvelles résolutions doivent être prises, prenez l’initiative de mettre un peu d’éthique dans votre assiette !